Est-ce que l’échec et la réussite existent réellement ?

Les notions d’échec et de réussite sont très présentes dans de nombreux médias. Mais au fond, qui peut décider, annoncer qu’il s’agit d’un échec ou d’une réussite ? Qui a la réponse ultime ? Pour beaucoup cela paraît évident ! Un abandon, une faillite, un divorce, une rupture, une maladie, la mort, un résultat d’examen insuffisant pour continuer les cours sont des échecs En êtes-vous vraiment certain ?

  • Aux Etats-Unis, une personne ayant fait une ou deux faillites est valorisée car on dira d’elle : elle a essayé quelque chose donc elle nous intéresse.
  • De nombreux sportifs qui ont eu une blessure estiment avoir beaucoup muri et grandi durant ce temps de récupération. Ils reviennent plus forts qu’avant (les tennismen Federer et Nadal sont de bons exemples).
  • En échouant à un examen, de nombreuses personnes prennent conscience qu’ils s’étaient trompés de voie et leur second choix s’avère bien meilleur. Quelle chance que ce pseudo échec !
  • Abandonner un projet est parfois la meilleure chose à faire plutôt que d’aller droit dans le mur ; en ne voulant pas voir les signaux au rouge, nous pouvons nous mettre en danger. Cela demande parfois un regard extérieur (coach) pour différencier la résignation de l’erreur de parcours.

A l’inverse :

  • Certains chanteurs connaissent une réussite fulgurante après qu’une de leurs chansons soit devenue un tube. N’arrivant pas à gérer ce succès inattendu, ils disparaissent de la circulation.
  • Il semble que plus des deux tiers des gagnants de grandes sommes à la loterie n’ont plus rien après une année ou deux, pire sont endettés jusqu’au cou. Alors que tout le monde s’accorderait à dire que c’était une sacrée réussite.
  • Combien d’artistes connus se sont suicidés, ont eu de graves maladies ou des dépendances dont ils ont peiné à sortir alors que, vu de l’extérieur, ils avaient une vie de rêve.

Et si nous cessions de cataloguer les résultats scolaires de réussite ou échec, ne croyez-vous pas que cela serait très aidant pour les enfants à s’épanouir dans le respect de leur rythme avec moins de stress ? De nombreuses écoles alternatives l’ont déjà compris.

Comment peut-on cataloguer d’échec, une expérience difficile pouvant laisser des traces qui m’a permis d’apprendre sur moi, sur mes fonctionnements et qui me rend plus avisé, plus conscient, plus expérimenté ?

Ma vision de tout cela est que les notions d’échec et de réussite n’existent que dans nos têtes ou autrement dit, ne sont que des vues de l’esprit. On peut choisir de les faire exister en les nommant, ou pas. Je préfère voir que nous vivons une succession d’expériences plus ou moins confortables, certes, et qu’elles ont toutes un potentiel d’apprentissage que chacun choisit de d’explorer ou pas. Il est vrai qu’il est tentant d’aller voir la faute chez les autres plutôt que de prendre sa part de responsabilité.

Il y aurait tant à écrire mais je choisis de m’arrêter là pour rester sur l’essentiel de mon message. Je termine avec cette vidéo que j’ai beaucoup aimé de ce brillant chercheur, Idriss Aberkane, intitulée « le diplôme de l’échec ». Je vous la recommande chaleureusement.

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Commentaires

  1. Jacques BOUCHARD

    Cher Christian bonjour, également bonjour à toi lectrice ou lecteur,
    Merci pour ce partage. Cette question de l’échec et de la réussite évoque chez moi, plus généralement, celle du jugement. Est-ce bien ou mal ? Vrai ou faux ? Juste ou injuste ? Réussi ou non ? etc…
    Pour te paraphraser, nous avons en nous une chose et son contraire. Nous avons donc en nous l’échec et la réussite, le vrai et le faux, le bon et le mauvais, etc…
    Aussi que faire ? Juger selon des critères cérébraux qui nous appartiennent ou non ou faire autrement ?
    Actuellement, pour ma part, je m’efforce de ne plus juger et pour cela de m’extraire du puissant conditionnement cérébrale qui est le mien et qui me pousse à juger (ce qui socialement est souvent bien accepté) pour développer la perception de mon ressenti et de la ou des émotions qui sont attachées à une situation car celles-ci ne sont jamais jugeantes de moi où de l’autre tout en étant riches d’informations.
    C’est difficile car j’en ai peu l’habitude (et c’est socialement beaucoup moins bien accepté) mais mes expériences les plus réussies me font clairement ressentir la supériorité du processus dans le sens où c’est moins limitant dans un sens positif (sur valorisation) ou négatif (dévalorisation).
    Là encore je te paraphraserais le corps parle avant le mentale et d’une façon que je ressens comme étant ce que je suis à ce moment.
    Portez-vous bien,
    Belle journée,
    Jacques.

  2. Halbardier

    Je trouve cet article très éclairant et nous remets bien les choses en perspective…Puis-vous suggérer le magnifique discours de JK Rowling ( Harry Potter) qu’elle a prononcée lors de la cérémonie de remise des diplômes à Harvard? Boulversante son apologie de l’échec pour une si grande dame qui a connu l’échec bien plus que le succès. A voir et à revoir …

  3. Kebadjian Thierry

    Je réponds au sujet de l’article sur l’échec ou la réussite. En tant que préparateur mental pour les sportifs, je trouve extrèmement juste.
    L’échec et la réussite sont simplement des  » mots », ensuite en fonction de notre parcours il y a des intensités différentes qui font échos sur notre émotionnel et notre capacité intrinsèques à le gérer.

    Je tiens le discours suivant, m^me au sportifs de haut niveau ( Lions de Genève que j’ai accompagné durant 1 saison)

    1/ l’échec, la défaite, est simplement une information, une piste, une expérience afin d’être meilleur le lendemain. Elle soit être analysée à froid, et de manière factuelle

    2/ la réussite n’est pas forcément la victoire, elle peut être le fait d’avoir donner 100% de soi-même, d’avoir surmonté ses peurs… et d’être fier de soi…

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