L’abondance ! Oui, mais quelle abondance ?

Mot très à la mode, il existe à peu près autant de définitions que de personnes. Si pour certains, l’abondance est limitée à une question d’argent, je crains qu’ils passent à côté d’une forme d’abondance que je décris ci-dessous.

Selon moi, la vie est abondance : abondance d’opportunités d’apprendre, d’évoluer (même si cela n’est pas toujours confortable), abondance de beauté à travers la nature, abondance d’êtres humains formidables si on prend le temps de les rencontrer, ce qui amène une abondance de soutien sous de multiples formes. Des personnes désargentées m’ont fait part de l’étonnant soutien reçu.

Et l’argent dans tout cela ? Il est un ingrédient potentiel de l’abondance, non pas pour ce qu’il est mais pour ce qu’il permet. En fait, l’abondance est bien plus un état d’esprit qu’une accumulation de choses matérielles (y compris l’argent).

L’abondance se nourrit à travers notre attitude, à travers les signes de gratitude à la Vie, aux autres et à soi-même. 

Par contre, parfois l’abondance est potentiellement nuisible. Des études ont prouvé que dans un supermarché l’abondance de choix (par exemple entre 20 sortes de pâtes, yaourts ou autres produits) génère du stress chez les êtres humains. C’est pareil au restaurant si vous avez une carte tellement variée que vous ne savez plus quoi choisir. Je me souviens d’une pizzeria où il y a au moins 40 sortes de pizzas. Après avoir parcouru la carte, je devais recommencer, ne me souvenant plus celles qui me faisaient envie en première page.

Il y a une autre forme d’abondance qui est nuisible. Celle des mauvaises nouvelles dans les médias de masse. J’étais à la Gare du Midi à Bruxelles, le 22 mars quand elle a été évacuée suite aux attentats survenus peu auparavant. Me trouvant dans un pub à côté de la gare, la TV (et son lot de mauvaises nouvelles) tournait en boucle. Puis après que le pub ait été évacué à son tour, j’ai eu la chance de trouver un taxi collectif pour me rendre à Paris (encore un signe d’abondance, c’était la dernière place !). Durant les deux premières heures, la radio était allumée et j’ai entendu 10 à 20 fois les mêmes nouvelles. Je me suis rendu compte que j’avais les nerfs à fleur de peau, très ému dès que j’avais un contact avec un proche. Je n’ai pourtant pas eu de peur importante (consciemment du moins) mais c’est comme si elle s’était insidieusement infiltrée en moi (je devrais plutôt dire que je l’ai laissée s’infiltrer en moi !) et qu’elle m’habitait sans que je ne m’en rende compte. Au bout de deux heures, j’ai sorti mon Ipod pour écouter une conférence constructive et me couper ainsi de ce flot de mauvaises nouvelles.

Et vous, laissez-vous les médias dicter votre état intérieur ? La question mérite d’être posée car nous avons à chaque moment le choix de où nous portons notre attention.

Vos commentaires et expériences sur ce thème sont les bienvenus.